J'ai eu la chance de découvrir ce film la semaine dernière, avant sa sortie nationale le mercredi 16 décembre.
J'avais déjà publié le texte du distributeur, Jean-Jacques Beineix pour Cargo Films, et vous invite à présent à essayer de trouver le film sur votre chemin (il passe actuellement au Saint-André-des-Arts à Paris, au Comoedia à Lyon et à l'Utopia de Bordeaux) et à passer, comme je l'ai fait, de l'autre côté de la matrice.
Bien sûr que tous sommes relativement dans l'intuition que la vie quotidienne telle que nous la vivons n'est pas la norme, qu'elle est une somme de privilèges, d'actes de consommation facile et de course à la marque, au paraître et à l'avoir. Ce qui nous sépare irrémédiablement de ceux qui ont faim et qui n'ont rien.
Mais ce film documentaire m'a bel et bien remis les idées en place : nos problèmes d'occidentaux sont à relativiser absolument, et la pauvreté (du Nord comme) du Sud doit nous interpeller dans nos actes et nos choix de vie. OK pour se battre pour une robe de créateur sur un portant &HS&, si et seulement si nous restons lucides sur les failles de plus en plus béantes que nous contribuons à creuser, et le vide intersidéral que nous entretenons dans cette problématique mondialisée de la pauvreté qui engendre la faim, la maladie et la mort.

Le film nous épargne les images insoutenables de ces enfants qui disparaissent dans la souffrance à un rythme effréné, ce que je sais gré au réalisateur, Philippe Diaz - qui s'est bien évidemment posé la question de la représentation, pour nous faire entrer dans une mobilisation intellectuelle totale. De la voix de Charles Berling (Martin Sheen pour la version internationale), 500 ans d'histoire et un précis d'économie politique contemporaine nous sont rapportés, étayés de moult experts dans plusieurs pays, qui sont stupéfiants de clarté sur cette évidence : le Sud finance le Nord. S'il y a 500 ans les conquistadors et l'évangélisation ont mis sous tutelle des pays qui avaient beaucoup pour eux, ce sont les instances financières internationales de nos années 2000, comme les décisions politiques prises à un haut niveau, qui entretiennent cette domination qui vampirise en continu les capitaux, les matières premières, les services, les ressources. Le capitalisme repose sur les ressources pas chères, voire gratuites. La chef d'entreprise a senti passer de grosses gouttes le long du dos...

Ce film ne nous culpabilise pas, mais nous rappelle que nous devons nous considérer comme la partie d'un tout, et que c'est l'engagement collectif qui redressera (un peu) la barre - pas forcément l'achat bio isolé ou le geste supposé bon pour l'environnement. Tous les processus de pauvreté s'accélèrent avec le temps et la croissance de la population mondiale. Inutile de vous préciser que c'est également vrai avec la croissance économique...

C'est bientôt Noël, nous dépensons tellement d'argent... essayons déjà d'acheter intelligent !

  • Si vous envoyez encore quelques voeux papier, pensez à la tradition de la carte vendue au profit d'une oeuvre caritative. Mes contacts recevront un modèle d'Action contre la faim.
  • Privilégiez le papier cadeau de l'Unicef et les timbres de la Croix-Rouge
  • La Banque alimentaire et les Restos du Coeur ont besoin de vos dons. En tant que particuliers et entreprises, il y a des conditions fiscales favorables au don.
  • Le site internet du film La Fin de la pauvreté, de Philippe Diaz - distribution Cargo Films
  • Relations presse du film : à visionner "Ce soir ou jamais" sur France 3, de Frédéric Taddéi, avec Susan George, politologue intervenante du film / à écouter "Cosmopolitaine" sur France Inter, de Paula Jacques... et +