A l'époque de Ciné Xanadu (dont je vous reparlerai bientôt lors d'un billet spécial), la rédaction avait pour habitude de mettre en page d'accueil un film considéré comme indétrônable, le film en salles à voir quelles que soient les autres sorties et les nouveautés. Il fallait bien souvent des mois pour déloger l'incontournable et lui trouver un remplaçant.

Je ne vais pas aujourd'hui participer à la promotion de Sweeney Todd, le dernier film de Tim Burton avec Johnny Depp et Helena Bonham-Carter, j'arriverais après la bataille et le film n'en a pas vraiment besoin.
Mais je veux simplement dire à quel point il est un spectacle total, à voir dans une belle salle pour s'assurer de s'imprégner complètement du son et de l'image.
Réalisé en étroite collaboration avec Stephen Sondheim (le Roi de Broadway - connu essentiellement en France pour avoir écrit West Side Story, qui a signé la création de la pièce, du musical), le film est d'une fidélité absolue au genre, donc majoritairement chanté, avec un parti-pris "Grand Guignol" propre à la scène qui se mêle ici parfaitement à l'univers de Tim Burton, et à son goût pour l'image sophistiquée. Les acteurs sont excellents, Johnny Depp crève l'écran... et notre coeur.
Et ce qui est toujours appréciable, dans ce genre musical trop souvent pris de haut, il y a message fort, celui, tout bête, de la vacuité de la vengeance. Même assouvie, même accomplie au centuple...

Comme ils disent là-bas, "Such a great score", et effectivement, My Friends, Pretty Women, Not While I'm Around... risquent bien de tourner un certain temps dans vos têtes...
Demons will charm you with a smile,
for a while
But in time
nothing can harm you
...Not while I'm around