
Autant je n'aime pas l'hypocrisie démagogique qui consiste à (doublement) affirmer haut et fort "mais M. X ne cumulera pas les salaires !", autant je suis en colère quand j'entends qu'un Capitaine d'industrie est potentiellement quelqu'un comme les autres, qui a juste su être assez malin pour décrocher la bonne place - celle du sommet !, et qui va traiter quelques dossiers de façon opaque et fumeuse... avant de se faire débarquer à son tour par un autre Gagnant...
Mon quotidien dans mon entreprise, c'est se soucier de la relation client avec une poignée de personnes, dialoguer avec à peu près autant de prestataires, engager quelques milliers d'euro, réseauter et prospecter stratégiquement auprès d'une dizaine de cercles... Et pourtant. J'ai déjà une idée très claire de ce que je dois faire pour réussir : décider et agir.
Si je ne prends pas la bonne décision au bon moment, si je ne mène pas les actions qui me rendront crédible, visible, achetable, tout s'effondre et la tentative d'entrepreneuriat finira en épave du Titanic.
Décider et agir - en étendard de tout le reste, toutes les évidences d'une société ou d'un groupe en situation de convaincre, rassurer... et vendre... drainant dans son sillon des millions de personnes, des milliards d'euro et le prestige économique d'un pays, c'est une responsabilité proprement hallucinante et un savoir-faire de haute voltige. On a les héros qu'on mérite. S'il est plus confortable intellectuellement de célébrer les imposteurs du foot ou de la musique, permettez-moi de trouver beaucoup de qualités aux chefs d'entreprises.
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Yvan Attal (et à droite Anne Consigny) dans le film Rapt de Lucas Belvaux, sorti en 2009, qui est librement inspiré de l'affaire Empain.
Un excellent film qui présente avec subtilité les ambiguités de ces dirigeants aux mille privilèges, et l'obligation de réponse tant légitime qu'ignominieuse qu'ils doivent faire "au peuple".
Lucas Belvaux, dont je suis toute la cinématographie depuis "Pour Rire !" en 1996 (l'un des rares avec Rohmer...), ne peut être taxé ni d'anti-capitaliste ni de pro-patronnat primaire, lui qui place toujours l'humain - sous toutes les façettes, les futiles comme les irréversibles - au centre de son cinéma, et qui a signé en 2006 La raison du plus faible, un intéressant contre-balancement de Rapt.






