AG Femmes Chefs d’Entreprises (FCE)
Samedi 21 Mai – Hôtel Concorde Lafayette, Paris 17ème
La Défense, vue du sommet de l’Hôtel Concorde, Porte Maillot
Le réseau international Femmes Chefs d’Entreprises est celui que je néglige le plus dans mon emploi du temps, même si je pense que ma nouvelle mobilité me rendra plus assidue sur la saison 2011/2012.
Raison pour laquelle j’ai souhaité participer à l’Assemblée Générale, car je voulais davantage prendre connaissance de l’association de l’intérieur, et pas seulement au-travers des dîners. Privilégiant aussi les rencontres « inter-délégations », l’AG était une bonne occasion de rencontrer des chefs d’entreprises de toute la France.
C’est donc ainsi que je suis arrivée un samedi matin avec mon sac de voyage, après deux nuits hors de chez moi et deux conventions successives dans les talons, à un ultime rendez-vous réseau.
J’ai apprécié ce moment, dans un lieu tout à fait intrigant – une tour très haute, des couloirs très longs et des salons petits et peu lumineux, mais je ne peux faire l’impasse sur le manque d’affinités intellectuelles que je ressens pour notre présidente France : Marie-Christine Oghly. Le grand rdv FCE Essonne de mars en sa présence m’avait déjà mis la puce à l’oreille, mais l’AG d’une association nationale devenant une présentation powerpoint des photos de ce qu’a fait la présidente durant ses X jours dédiés au réseau sur l’année écoulée, photographiée dans tous les décors avec des gens connus et inconnus, je me suis interrogée sur l’objet réel de la célébration. Si l’on ajoute à cela des commentaires incongrus (une histoire de vache, passons…) ou inappropriés (un message pro-DSK une semaine après son arrestation…), mon tableau de bord process com a viré au rouge et j’ai rapidement compris que cette figure emblématique et moi étions sur des registres diamétralement opposés, et qu’aucun message de sa part ne me motiverait. Ce qu’est venu confirmer un navrant rappel de la récente communication de Laurence Parisot sur le congé paternité, approximatif dans la forme et terriblement glacial sur le fond, puisque la présidente du MEDEF Ile-de-France – ce qu’elle est par ailleurs, a conclu sur « une proposition qui est très mal perçue par les entreprises. Car rendez-vous compte, s’il faut en plus gérer le coût des hommes qui partent !« .
OUCH.
Je n’étais pas équipée pour prendre un tel coup dans l’estomac. Voilà donc une affirmation qui dit tout. Tout le reste, l’iceberg complet que cette petite phrase laisse pointer :
- la stigmatisation obligée des femmes dans l’entreprise parce qu’elles sont mères / potentiellement mères
- l’absence de progrès social dans l’entreprise parce que le salarié est un coût
- le renoncement à la parité qui ferait navette entre l’entreprise et le foyer des salariés, entre les hommes et les femmes au travail.
- Le renoncement au rééquilibrage des absences des mères comme des pères et à la responsabilisation des femmes comme des hommes dans leur rôle social et familial – work/life balance à laquelle, je crois, l’entreprise n’est pas complètement hermétique.
En-dehors de primes illusoires, quelles sont les vraies marges de progrès dans l’entreprise aujourd’hui, pour réfléchir au « mieux-être » et « mieux-produire » des individus au travail ? Notamment dans les entreprises du CAC 40, que connaît bien Mme Oghly ? A l’heure du rapport sur la parentalité de Brigitte Grésy et de son discours franc sur les parcours sanctionnés des femmes dans les entreprises parce que l’étiquette « mère » les arrête, cette déclaration d’une femme chef d’entreprise à des femmes chefs d’entreprises m’a donné la chair de poule. Des rumeurs ont bruissé dans la salle, mais la messe était dite. Et je suis vraiment déstabilisée par ce discours.
>> Si Mme Oghly, ou quiconque étant légitime pour le faire, veut répondre à ma réception de ce message particulier, j’ouvrirai le blog à cette parole.
FCE met en avant ses adhérentes.
Pour l’Essonne, c’est Cécile Billault, société de réalisations audiovisuelles Smart Interface qui a été reconnue.
Et j’applaudis ce choix des deux mains.
Lors du déjeuner, nous avons eu un sympathique tour de table entre entrepreneures qui m’a une nouvelle fois douchée, car ma présentation (piteuse) comme assistante projet n’a absolument intéressé personne, et j’ai dû ramer tout le repas pour essayer de reprendre une conversation de fond avec mes voisines de table. Cela m’a confortée une fois pour toutes que les mots « assistanat » et « assistant » étaient à bannir ou à manipuler, pour le second, avec d’infinies précautions. Oui, je suis revenue de ce marathon réseaux en 3 étapes vraiment très fatiguée ![]()
J’ai cependant une tendresse particulière pour ces Femmes Chefs d’Entreprises, même une véritable admiration pour beaucoup d’entre elles. Elles ont parfois l’humilité d’avouer qu’elles sont des « héritières » – les « filles de » ou « les femmes de » qui ont repris les entreprises familiales, et elles se débattent dans des secteurs très peu girly comme le transport, le plastique ou la mécanique, face à plusieurs dizaines de salariés, bien souvent des hommes qui n’ont connu que le management old school, et cela dans la crise et la mondialisation, qui ne sont pas franchement des problématiques de solos. Plus globalement, il y a nombre de parcours individuels qui méritent vraiment d’être connus, tant il y a à apprendre de toutes ces histoire d’entreprendre au féminin, avec toutes les bosses et tous les virages que ces chemins supposent toujours.
Car finalement, pourquoi je suis adhérente FCE ?
Outre la process com, je connais aussi à présent mon profil MBTI et il semblerait que je sois une personne dont la vision est globale ![]()
Et pour moi, afficher FCE c’est prendre en compte ses ramifications internationales. Et sans entrer dans un féminisme forcené, c’est affirmer qu’une femme peut travailler et peut même créer de la richesse, sur le terrain des hommes. Il y a quand même beaucoup d’endroits où cela n’est pas acquis – je ne vais pas vous chanter la chanson de toutes les filles qui ne naissent pas, ou qui ne vivent pas – mais je crois qu’à un moment il faut voir plus loin que le bout de son nez, et ne pas se contenter de localiser sur l’Essonne d’agréables dîners entre copines. C’est notamment une discussion que j’ai eue mardi 21 juin, lors du dîner de clôture de la saison FCE 91, au Relais des Chartreux : je ne suis pas pour l’égalité à tout crin (on a même relevé récemment que j’avais déclaré que « le féminisme était mixte« , cela suppose de la complémentarité), mais en revanche je suis pour le droit à l’égalité des possibles, aux mêmes chances de destin. Je refuse que les statistiques soient favorables à la dualité homme-qui-décide / femme-qui-fait-le-ménage. Lors d’une polémique qui m’avait vraiment poussée dans mes retranchements, j’avais affirmé que sous aucun prétexte masculin une femme ne devait être privée de droits fondamentaux. Le travail, et par extension l’entrepreneuriat, se fondent sur l’éducation et l’autonomie. J’ai adhéré à un mouvement qui encourage cela chez toutes les femmes. Enfin je le crois encore.

